Les antipodes du Kansai

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Les contrastes d’ambiance au Japon sont marquants pour nous autres Occidentaux. J’habite dans le Kansai, une région qui me plaît pour de nombreuses raisons.

L’une d’elles c’est la proximité géographique de lieux très intéressants. Depuis chez moi, atteindre l’extrême sud d’Osaka me prend presque autant de temps que d’aller au centre de Kyoto.

Je peux voir des Maiko en journée dans les ruelles pavées de Kyoto et rentrer à Osaka pour me replonger dans un Japon plus animé et décomplexé, et qui s’étale plus verticalement.

Dans le Kansai, les antipodes japonais ne m’ont jamais semblé aussi proches.

1er printemps pour les Osaka Safari

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Le mois de juin approche et le printemps va bientôt laisser place à l’été.

Il est temps de faire un petit bilan de cette saison touristique printanière de 2012, placée sous le signe de la nouveauté avec la mise en place des visites guidées nommées Osaka Safari. Pour en savoir plus sur ces balades hors des sentiers battus, cliquez ici.

Commencer quelque chose n’est jamais évident mais cette première saison a plutôt bien démarré avec pas mal de réservations, dont certaines, déjà pour l’automne et le printemps 2013.

Je prends sérieusement mes marques au sein de cette ville fascinante qu’est Osaka. Je précise qu’aucun de tous les Safaris que j’ai fait ne ressemblent à l’autre et le mot adaptation est ici plus que jamais d’actualité.

Tous les voyageurs ayant participé à un Osaka Safari sont étonnés du décalage entre ce qu’on lit dans les guide de voyage et les visites que je propose. C’est un vrai plaisir de savoir que je contribue à réajuster l’image d’une ville injustement mise au second plan.

Mon bilan est donc très positif pour cette première saison. Vous pouvez jeter un oeil aux commentaires encourageants de certains voyageurs en cliquant ici.

Merci à David de m’avoir permis de rejoindre son équipe et son univers pour ce projet aux côtés de Yann.

L’été arrive à grand pas et les réservations de journées s’accumulent. Si vous aussi, vous voulez profiter d’une ou deux journées de balades surprenantes à Osaka, dépêchez-vous de réserver 🙂

La genèse 4/4 – La concrétisation

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Quatrième et dernière partie de la genèse. Pour voir les trois autres :

La genèse 1/4

La genèse 2/4

La genèse 3/4

2009 est l’année de la concrétisation du projet de faire du tourisme mon métier. Je me rappelle avoir toqué depuis 2008 à toutes les portes possibles à Strasbourg pour obtenir des informations sur le monde du tourisme. Je n’y connaissais rien mais j’étais ultra motivé et confiant quant à mes capacités.

Dans une agence de voyage, j’ai rencontré par hasard la directrice de Carlson Wagonlit de Strasbourg. Une femme odieuse comme pas deux qui m’a dit :
« Tu veux te lancer dans le tourisme ? Quoi au Japon ?! Mais il n’y a rien à faire là-bas ! Écoute petit, moi j’ai fait 7 fois le tour du monde, je ne suis jamais allée au Japon et je n’irai jamais. Tu veux faire du tourisme ? Investis dans un projet en Amérique latine. Voilà des destinations qui ont de l’avenir, pas le Japon. »
En bonne commerciale qu’elle était, elle n’avait pas compris que je ne cherchais pas à faire du fric mais à vivre d’une passion. Concept, probablement trop farfelu pour elle.

J’ai fini par faire la connaissance d’un Japonais résidant à Strasbourg et travaillant dans le tourisme entre la France et le Japon. De cette rencontre naîtra un trio qui transformera Japan Trotter en une marque spécialisée en voyage pointus, originaux, totalement sur mesure et privatifs au Japon. J’ai créé le design, développé le site et fourni les photos.

Après de longs mois d’apprentissage, de découvertes du métier, de prospection dans tout le Japon, de travail et d’efforts acharnés, j’ai pu commencer à vivre de ma passion. De 2009 à mars 2011, j’enchaînais les allers-retours entre la France et le Japon, travaillant comme accompagnateur, coordinateur sur place, co-créateur d’itinéraires sur mesure hors des sentiers battus etc. Je passais 8 mois par an au Japon. Le reste de l’année en France à préparer les futurs voyages et à me gaver de fromage 🙂

C’était une période pleine de victoires pour moi. Je les célébrais un soir d’août sur une plage au sud d’Osaka avec un coup de soleil sur la tronche en prime.

Pourquoi je parle de mars 2011 ? Parce que ça concorde avec le tsunami du 11 mars, et l’annulation de pratiquement tous les voyages réservés jusqu’en 2012. J’ai ressenti ça comme un coup de massue. Un vrai coup dur au moment où l’activité décollait à fond. Notre équipe s’est réduite et certains sont allés voler de leurs propres ailes. Une page était en train de se tourner.

Le blog Horizons du Japon est né en 2010 pour reprendre un peu la suite de mon premier site perso.
Aujourd’hui, Japan Trotter continue ses activités mais à une moindre mesure tandis que j’effectue des missions ponctuelles pour diverses agences de voyage. Je développe parallèlement les Osaka Safari avec David Michaud et trace mon petit bonhomme de chemin ici, au Japon, où je vis.

La suite de cette histoire, je l’écris dorénavant chaque jour . . .

La genèse 3/4 – Premier blog sur le Japon

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Suite de l’article “Premiers contacts

Faire du tourisme au Japon notre métier c’est une belle idée. Ok, mais comment faire ? Quoi faire ? C’est un autre problème. Et puis, entre avoir une idée qui se développe au sein d’une discussion et la mettre en pratique, il y a une grosse différence.

J’ai repris mon rythme quotidien au retour en France mais parallèlement, j’ai eu l’envie de développer un site internet avec des photos et des vidéos de mes voyages. J’ai donc bricolé un blog avec iweb sur mac et ainsi est né le nom Japan Trotter. J’ai un grand sourire aux lèvres quand je revois ça aujourd’hui.

Japan Trotter était donc mon blog perso. J’ai posté des photos, écris des articles et uploadé mes premières vidéos sur Dailymotion et Youtube.
Certains doivent peut-être s’en rappeler. J’avais fait un mini-reportage amateur sur la capitale japonaise qui se nommait « Au coeur de Tokyo », avec en bonus une erreur de traduction dans le titre ^^

Puis 2008 est arrivé et je suis reparti avec mon pote sur les routes japonaises, armé d’un reflex, et d’un caméscope. On a fait un voyage de fou de presque 2 mois dont 5 semaines de Japan Rail Pass durant lesquelles on changeait de ville chaque jour. De Kagoshima au sud de Kyushu à Abashiri au nord d’Hokkaido, on a zigzagé à travers presque toutes les régions sans jamais savoir où on dormirait le lendemain.

J’ai calculé par la suite les distances parcourues en train, bateau et voiture pendant ces 2 mois et additionné le tout pour obtenir un résultat dont j’étais le premier étonné : 10 555 kilomètres !
Avec ce voyage, j’ai obtenu une vision globale du Japon très intéressante. Au début du voyage, il faisait 27 degrés. À la fin, -3 sous les neiges d’Hokkaido.

C’était un séjour inoubliable qui donna naissance à « Horizons du Japon », une série de vidéos retraçant notre incroyable périple (titre que je reprendrai plus tard pour ce blog). On en a même fait une où l’on célèbre les retrouvailles avec les joies du fromage après 2 mois de sevrage.

Des fois, je retombe sur des photos débiles au sein de l’album de ce séjour, comme celles où l’on se prenait dans des poses improbables autour d’un arbre pour parodier les jaquettes de cd de chanteurs à textes pseudo romantiques. C’est la jeunesse, c’est la connerie mais on était heureux à chaque seconde, tout simplement. On se savait privilégiés d’être-là bien que notre bonheur on l’avait mérité par nos efforts répétés.

Les vidéos Japan Trotter ont souvent été en première page sur Daily. Bien qu’amateur, le reportage « Au coeur de Tokyo » a été vu plus de 34 000 fois sur Dailymotion et 38 000 fois sur Youtube.

Aujourd’hui, ces comptes ont été supprimés.
Je reçois de temps en temps des mails d’anciens fans des vidéos « Horizons du Japon » pour me demander si elles sont encore quelque part sur le net. Désolé mais la réponse est non. Et elles resteront à jamais enfouies dans mon disque dur.

La suite : La concrétisation

La genèse 2/4 – Premiers contacts

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Voici la suite de l’article « Avant le premier voyage au Japon » de la rubrique Tranches de vie.

À travers le hublot de l’avion, entre les nuages, j’ai aperçu un bout de Japon. C’était la première fois que mes yeux se posaient sur cette terre. Vu d’en haut mais pour de vrai. Un instant qui m’a marqué. Enfin, j’y étais !

Premiers chocs, premières claques. Tous ces petits détails de la vie quotidienne qui font que le Japon est un pays qui pétille. Nous sommes nombreux à être passés par là. Beaucoup savent de quoi je parle, d’autres le découvriront un jour.
J’avais toujours sur moi un petit calepin pour noter ce qui m’étonnais. J’y collais tous les papiers que je pouvais garder et utilisais tous les tampons que je voyais dans les gares du pays. J’ai acheté un ticket de métro sans l’utiliser juste pour en faire un souvenir. J’ai glissé des pétales de cerisiers pour qu’ils sèchent entre les pages du bouquin. Je vivais à fond la chance d’être là et remplissais mon tiroir de souvenirs inoubliables à un rythme effréné.
Premiers contacts aussi avec la photographie. Un compact à l’époque, qui surchauffait tellement je shootais tout et n’importe quoi.

Je pensais qu’une fois rentré en France, je pourrais me concentrer sur ma vie dans l’hexagone : trouver un boulot et prendre un chemin plus ou moins classique.
J’ai effectivement trouvé un boulot mais avec pour seul objectif d’économiser pour retourner au Japon. Impossible de me sevrer. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment. J’avais une irrésistible envie de me replonger dans ce pays, être simplement sur place et me laisser pétiller à nouveau au gré de rencontres inopinées avec les Japonais.

Je repartais en 2007 accompagné d’un ami cette fois-ci et armé d’un bridge. Si mon premier séjour se concentrait principalement sur Tokyo (comme beaucoup), le suivant en serait tout autrement. Après de courtes retrouvailles avec la capitale, on a filé vers le sud à travers de nombreuses villes pour finir sur une île perdue à 1 heure 30 en bateau de Nagasaki.

En pleine campagne, entourée de rizières, on a marché au soleil bercé par le bruit des tracteurs et des rares voitures qui passaient. Beaucoup se retournaient en voyant sur leur île deux jeunes étrangers. C’est que d’habitude, on ne les voit qu’à la télé.
On aussi a vu des plages splendides et désertes, semées parfois d’embuches. Quel plaisir !

Ce séjour m’a fait réaliser à quel point il est dommage de concentrer son voyage uniquement sur Tokyo. Jusque-là je pensais connaître le Japon mais c’était faux. Je connaissais seulement sa capitale.

J’ai découvert un Japon pépère, des régions paisibles bercées par le bruit des vagues et le vent des montagnes, des grands-mères qui font sécher au soleil des légumes et cuisent à la vapeur des patates douces qu’elles distribue gratuitement aux jeunes qui daignent passer dans le coin. Le Japon qui est comme il est, naturellement généreux et souriant, sans se chercher une identité. J’ai adoré et me suis demandé à l’époque pourquoi on ne le montrait jamais.
Assis face à la mer, je me disais qu’elle était loin ma fac de japonais.

C’est en marchant au bord de ces routes de campagne qu’avec mon ami, on a commencé à mûrir l’idée de faire du tourisme au Japon notre métier. Ce qu’on faisait, on voulait le partager. On imaginait une nouvelle manière de voyager. On imaginait une modernisation du métier de guide, plus humain, plus proche des gens, plus amical et moins théorique.

La suite : Premier blog sur le Japon

La genèse 1/4 – Avant mon premier voyage au Japon

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Voici un nouvel article pour une nouvelle rubrique : Tranches de vie. Ici je vais de temps en temps un peu plus me dévoiler. Pour commencer, revenons quelques années en arrière.

J’ai toujours été un mordu du Japon. À l’époque, la seule motivation que j’avais de passer le Bac, c’était d’obtenir la clé d’entrée pour aller en Fac de japonais. Sans ça, je ne sais pas ce que je serai devenu, tellement le système scolaire me tapait sur le système.
Faut dire que mes années collège passées dans une bonne grosse zep ne m’ont pas aidé non plus. Entre les gendarmes à l’entrée du bahut, les trafiquants de haschich, les vrais chercheurs d’embrouilles compulsifs et la bombe lacrymogène dans la tronche, je comprends aujourd’hui pourquoi j’ai rapidement développé des envies d’ailleurs.

Entre galères et rigolades, j’ai donc passé mon bac avec pour objectif d’aller le plus loin possible à la fac de langue japonaise de ma ville Strasbourg, une des plus difficiles de France.

90 étudiants au début de l’année, 20 quelques mois plus tard, et encore moins les années suivantes. Pour caricaturer un peu les premiers mois, il y avait aux premiers rangs les fans d’Amelie Nothomb et une étudiante qui venait en cours déguisée comme dans le manga Naruto (véridique). Au fond, les mecs qui voulaient apprendre le japonais uniquement pour draguer les étudiantes nippones du campus. Moi, au milieu avec un pote et deux amies coréennes.

Plus le temps passait et plus je tombais des nues au sujet de cette fac. Aucun débouché concret et impossibilité de bénéficier d’un programme d’échange pour effectuer une année d’études au Japon.
On nous a dit :
– Les étudiants de japonais ne peuvent pas en profiter. 
On a répondu :
– Si nous qui faisons du japonais on ne peut pas, qui le peut ?
– Les étudiants des sections scientifiques. 
Vlan ! Si j’avais su, j’aurais mieux révisé ma trigo.

Mais le pire, c’était qu’on nous formait à devenir des dieux vivants de la langue classique parlée au 16e siècle et qu’on était incapable d’enchaîner naturellement une phrase dans la vie courante.
Je ne crache pas trop sur cette fac non plus car j’ai obtenu des bases vraiment solides qui m’ont permis de progresser rapidement par la suite.

Plus que jamais, j’étais décidé à me rendre au Japon. J’en avais marre de la théorie. Je voulais du vrai, du palpable.

J’ai donc bossé à fond en intérim pour économiser un petit pactole, travaillant même dehors en hiver pour décharger des péniches dont les cuves étaient remplies de blé. On avait des pelles et un immense aspirateur que les gros bras de la boîte, dans leur élégance, appelaient la « suceuse ». Le contexte ressemblait à ça, l’eau turquoise en moins et le froid en plus.

Les navigateurs des péniches, eux, attendaient bien au chaud à l’intérieur du bateau, laissant tourner le moteur toute la journée pour avoir du chauffage. Vous connaissez l’odeur de fiul brulé d’une péniche ? C’est juste horrible ! Les émanations d’échappements flottaient dans l’air et allaient parfois s’engouffrer dans les cuves où l’on se trouvait. Entre le froid, les odeurs irrespirables et la difficulté physique du boulot, il fallait en vouloir. À chaque coup de pelle, je me motivais en me disant que ça me rapprochait du Japon.

Et puis un matin de l’année 2006, j’ai acheté un billet d’avion pour concrétiser le rêve, celui de poser les pieds au Japon. Je n’étais pas sûr de pouvoir revenir souvent, je suis donc parti presque 3 mois. À l’arrache comme on dit.

La suite : Premiers contacts