Chiyoda, l’auberge de Shimpei à Tokyo

On 3 juillet 2011 by Angelo Di Genova

Cela fait très longtemps maintenant que Shimpei côtoie les touristes étrangers à Tokyo. Depuis toujours, il s’intéresse aux cultures et aux langues étrangères. L’hôtel où il a travaillé pendant de longues années lui permettait de rencontrer beaucoup de touristes de passage venant des quatre coins du monde. Pour ma part, je suis toujours impressionné de le voir réussir à tenir les présentations dans un nombre incroyable de langues en plus de son japonais natal : anglais, italien, allemand, mandarin, espagnol, coréen et aussi le français, vers lequel il s’est plus particulièrement spécialisé. Shimpei aime apprendre aux côtés des gens, en échangeant, en partageant, autour d’un verre, dans une ambiance amicale et enrichissante. Une ambiance qui met en relief les êtres que nous sommes tous.

Il y a plusieurs années, il a commencé un projet pour voler de ses propres ailes : celui de créer son propre hôtel, dans l’arrondissement typique de Arakawa. Une auberge à la japonaise, dans un style rétro et raffiné. Des tatamis, des futons, un bain à la japonaise, des touches par-ci par-là de design traditionnel, le tout bonifié par son habitude des touristes venus de loin.
Cette auberge, c’est le Ryokan Chiyoda. Pour lui, plus qu’un hébergement, c’est un espace d’échange, un espace de vie. Dans ce sens, il a créé au sein de l’établissement une galerie pour valoriser les artistes ou pour créer des évènements inter-culturels.

Pas de doute, son projet, il le bichonne avec finesse. Mais voilà, le 11 mars, un terrible tsunami a ravagé beaucoup de côtes vers le nord-est du pays, entraînant l’accident nucléaire de Fukushima. Chiyoda à ouvert ses portes 2 semaines après la catastrophe, le 25 mars 2011. Seulement Shimpei, lui, ne voit plus beaucoup d’Occidentaux dans les parages. Ouvrir un hôtel n’est pas non plus un projet sans risques. Si en plus, les touristes ne viennent pas, il faut du courage pour tenir bon. Heureusement, la clientèle japonaise est toujours là, mais Shimpei doit travailler de son côté afin ne pas oublier toutes les langues qu’il a apprises pour que nous soyons à l’aise, nous les étrangers . . .

Voici le site de l’auberge Chiyoda : http://www.chiyoda-tokyo.com

Shimpei est un bon ami depuis longtemps. On a beaucoup parlé de la catastrophe et de son impact à petite comme à grande échelle. On a aussi beaucoup regardé autour de nous sans parler, abasourdit par cette situation incompréhensible parfois quand on est sur place et qu’on observe, de ses propres yeux, la vie normale suivre son cours. On a décidé de s’entre-aider, de se serrer les coudes comme on peut.

Voici, une interview de Shimpei que j’ai réalisée (en japonais sous-titré anglais) :

Merci à Tatsuya pour son aide à la réalisation des vidéos.

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