La genèse 2/4 – Premiers contacts

On 16 mai 2012 by Angelo Di Genova

Voici la suite de l’article « Avant le premier voyage au Japon » de la rubrique Tranches de vie.

À travers le hublot de l’avion, entre les nuages, j’ai aperçu un bout de Japon. C’était la première fois que mes yeux se posaient sur cette terre. Vu d’en haut mais pour de vrai. Un instant qui m’a marqué. Enfin, j’y étais !

Premiers chocs, premières claques. Tous ces petits détails de la vie quotidienne qui font que le Japon est un pays qui pétille. Nous sommes nombreux à être passés par là. Beaucoup savent de quoi je parle, d’autres le découvriront un jour.
J’avais toujours sur moi un petit calepin pour noter ce qui m’étonnais. J’y collais tous les papiers que je pouvais garder et utilisais tous les tampons que je voyais dans les gares du pays. J’ai acheté un ticket de métro sans l’utiliser juste pour en faire un souvenir. J’ai glissé des pétales de cerisiers pour qu’ils sèchent entre les pages du bouquin. Je vivais à fond la chance d’être là et remplissais mon tiroir de souvenirs inoubliables à un rythme effréné.
Premiers contacts aussi avec la photographie. Un compact à l’époque, qui surchauffait tellement je shootais tout et n’importe quoi.

Je pensais qu’une fois rentré en France, je pourrais me concentrer sur ma vie dans l’hexagone : trouver un boulot et prendre un chemin plus ou moins classique.
J’ai effectivement trouvé un boulot mais avec pour seul objectif d’économiser pour retourner au Japon. Impossible de me sevrer. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment. J’avais une irrésistible envie de me replonger dans ce pays, être simplement sur place et me laisser pétiller à nouveau au gré de rencontres inopinées avec les Japonais.

Je repartais en 2007 accompagné d’un ami cette fois-ci et armé d’un bridge. Si mon premier séjour se concentrait principalement sur Tokyo (comme beaucoup), le suivant en serait tout autrement. Après de courtes retrouvailles avec la capitale, on a filé vers le sud à travers de nombreuses villes pour finir sur une île perdue à 1 heure 30 en bateau de Nagasaki.

En pleine campagne, entourée de rizières, on a marché au soleil bercé par le bruit des tracteurs et des rares voitures qui passaient. Beaucoup se retournaient en voyant sur leur île deux jeunes étrangers. C’est que d’habitude, on ne les voit qu’à la télé.
On aussi a vu des plages splendides et désertes, semées parfois d’embuches. Quel plaisir !

Ce séjour m’a fait réaliser à quel point il est dommage de concentrer son voyage uniquement sur Tokyo. Jusque-là je pensais connaître le Japon mais c’était faux. Je connaissais seulement sa capitale.

J’ai découvert un Japon pépère, des régions paisibles bercées par le bruit des vagues et le vent des montagnes, des grands-mères qui font sécher au soleil des légumes et cuisent à la vapeur des patates douces qu’elles distribue gratuitement aux jeunes qui daignent passer dans le coin. Le Japon qui est comme il est, naturellement généreux et souriant, sans se chercher une identité. J’ai adoré et me suis demandé à l’époque pourquoi on ne le montrait jamais.
Assis face à la mer, je me disais qu’elle était loin ma fac de japonais.

C’est en marchant au bord de ces routes de campagne qu’avec mon ami, on a commencé à mûrir l’idée de faire du tourisme au Japon notre métier. Ce qu’on faisait, on voulait le partager. On imaginait une nouvelle manière de voyager. On imaginait une modernisation du métier de guide, plus humain, plus proche des gens, plus amical et moins théorique.

La suite : Premier blog sur le Japon

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