Shi Tennô-ji, le plus vieux temple bouddhiste du Japon

On 5 février 2013 by Angelo Di Genova

Guerres, incendies et  bombardements. Destruction et reconstruction. Vents, pluie, gel, soleil. Séismes et usure du temps qui passe. Rien ne semble venir à bout du temple bouddhiste Shi Tennô-ji. Les matières ont changé ainsi que les techniques de construction, mais depuis l’an 593 sa silhouette trône dans la ville d’Osaka. À cette époque, Tokyo n’existait pas, Kamakura n’existait pas, Kyoto n’existait pas, Nara n’existait pas. Sur le plateau d’Uemachi, le prince Shotoku ordonna la construction du premier temple bouddhiste officiel du Japon. Et il le fît à Naniwa, l’ancien nom d’Osaka.

Pour se faire, Shôtoku Taishi fît appel à des bâtisseurs de la péninsule coréenne, celle-là même qui introduit le bouddhisme au Japon. La fusion de ces travailleurs Coréens et Japonais donna naissance à la Kongô Gumi, la plus vieille entreprise connue à ce jour (578 – 2006).

Malgré sont importance, malgré son statut de précurseur, malgré ses détails architecturaux qui témoignent de l’époque ancienne, le Shi Tennô-ji est souvent délaissé des touristes. C’est un lieu aéré, calme et apaisant. Son enceinte est imposante et en faire le tour prend pas mal de temps.

Il y a de nombreux bâtiments ça et là d’époques différentes, diverses portes, un impressionnant torii shinto, ainsi qu’un jardin japonais.

Mais ce que j’apprécie le plus en ces lieux c’est le nombre de petits détails éparpillés et cachés ici. De prime abord, comme pour de nombreuses oeuvres de cette époque, on a l’impression que le lieu est vide ; mais en réalité sa richesse, il faut la mériter. C’est un de ces temples qu’il faut dompter. Il prend du relief à mesure que l’on en apprend à son sujet.

Des particularités qui font souvent écho à son passé, comme cette roue de la loi entre Dharma et une barre de bateau. Elle symbolise le flux, le cycle mais rappelle aussi que la mer, si loin aujourd’hui, s’invitait jusqu’à ses pieds à l’époque.

La vie autour du temple ressemble à celle d’un petit village. On y trouve des boutiques sympa et des spécialités locales. La frénésie de la métropole ici, comme dans la plupart des quartiers d’Osaka, elle n’existe pas.

On sent bien qu’il règne comme une impression de gâchis ici. Comme si le pays avait un trésor vers lequel il ne se tourne presque jamais. Comme si personne ne prenait le temps de polir un joli diamant brut.

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