La genèse 1/4 – Avant mon premier voyage au Japon

On 15 mai 2012 by Angelo Di Genova

Voici un nouvel article pour une nouvelle rubrique : Tranches de vie. Ici je vais de temps en temps un peu plus me dévoiler. Pour commencer, revenons quelques années en arrière.

J’ai toujours été un mordu du Japon. À l’époque, la seule motivation que j’avais de passer le Bac, c’était d’obtenir la clé d’entrée pour aller en Fac de japonais. Sans ça, je ne sais pas ce que je serai devenu, tellement le système scolaire me tapait sur le système.
Faut dire que mes années collège passées dans une bonne grosse zep ne m’ont pas aidé non plus. Entre les gendarmes à l’entrée du bahut, les trafiquants de haschich, les vrais chercheurs d’embrouilles compulsifs et la bombe lacrymogène dans la tronche, je comprends aujourd’hui pourquoi j’ai rapidement développé des envies d’ailleurs.

Entre galères et rigolades, j’ai donc passé mon bac avec pour objectif d’aller le plus loin possible à la fac de langue japonaise de ma ville Strasbourg, une des plus difficiles de France.

90 étudiants au début de l’année, 20 quelques mois plus tard, et encore moins les années suivantes. Pour caricaturer un peu les premiers mois, il y avait aux premiers rangs les fans d’Amelie Nothomb et une étudiante qui venait en cours déguisée comme dans le manga Naruto (véridique). Au fond, les mecs qui voulaient apprendre le japonais uniquement pour draguer les étudiantes nippones du campus. Moi, au milieu avec un pote et deux amies coréennes.

Plus le temps passait et plus je tombais des nues au sujet de cette fac. Aucun débouché concret et impossibilité de bénéficier d’un programme d’échange pour effectuer une année d’études au Japon.
On nous a dit :
– Les étudiants de japonais ne peuvent pas en profiter. 
On a répondu :
– Si nous qui faisons du japonais on ne peut pas, qui le peut ?
– Les étudiants des sections scientifiques. 
Vlan ! Si j’avais su, j’aurais mieux révisé ma trigo.

Mais le pire, c’était qu’on nous formait à devenir des dieux vivants de la langue classique parlée au 16e siècle et qu’on était incapable d’enchaîner naturellement une phrase dans la vie courante.
Je ne crache pas trop sur cette fac non plus car j’ai obtenu des bases vraiment solides qui m’ont permis de progresser rapidement par la suite.

Plus que jamais, j’étais décidé à me rendre au Japon. J’en avais marre de la théorie. Je voulais du vrai, du palpable.

J’ai donc bossé à fond en intérim pour économiser un petit pactole, travaillant même dehors en hiver pour décharger des péniches dont les cuves étaient remplies de blé. On avait des pelles et un immense aspirateur que les gros bras de la boîte, dans leur élégance, appelaient la « suceuse ». Le contexte ressemblait à ça, l’eau turquoise en moins et le froid en plus.

Les navigateurs des péniches, eux, attendaient bien au chaud à l’intérieur du bateau, laissant tourner le moteur toute la journée pour avoir du chauffage. Vous connaissez l’odeur de fiul brulé d’une péniche ? C’est juste horrible ! Les émanations d’échappements flottaient dans l’air et allaient parfois s’engouffrer dans les cuves où l’on se trouvait. Entre le froid, les odeurs irrespirables et la difficulté physique du boulot, il fallait en vouloir. À chaque coup de pelle, je me motivais en me disant que ça me rapprochait du Japon.

Et puis un matin de l’année 2006, j’ai acheté un billet d’avion pour concrétiser le rêve, celui de poser les pieds au Japon. Je n’étais pas sûr de pouvoir revenir souvent, je suis donc parti presque 3 mois. À l’arrache comme on dit.

La suite : Premiers contacts

2 Responses to “La genèse 1/4 – Avant mon premier voyage au Japon”

  • Tiens on a parlé de moi dans ce sujet. =)

    Ceci dit j’ai beaucoup appris à la fac sur le peuple japonais, son histoire, sa culture.
    Mais c’est vrai que c’est pas là bas qu’on sera formé pour aller y vivre et surtout j’oublierai jamais la phrase d’une des prof : « apprendre à parler? Bah vous y arriverez tout seuls » Ok… C’est vrai qu’on a les outils mais bon, en s’inscrivant le but c’est pas uniquement de devenir des érudits, c’est avant tout d’apprendre à parler…

    Et je te parle pas de ma 2ème année avec des options complètement hors sujet (anthropologie de la santé), les profs nous disent qu’il y a pas assez d’heures de cours pour apprendre à parler, ben là, voilà des heures inutiles qu’on pourrait utiliser pour ça.

    Bref, le système français….

    Malgré tout je regrette pas pour tout ce que j’ai appris d’enrichissant sur le Japon.
    Pour l’anecdote Naruto a fait 3 x 2ème année. =)

    • Oui, tu es un des acteurs de l’histoire de ce post ^^
      Je suis d’accord avec toi sur ce que la fac nous a apporté. Je ne crache pas dessus mais je suis un homme de terrain. Enfin, tu le sais bien 🙂

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