Le Japon de l’envers

On 26 juin 2013 by Angelo Di Genova

Le Japon, pays des samouraïs et des geishas. Archipel à la pointe technologique avec un niveau de vie très élevé. Voyager au Japon, c’est faire un bond vers le futur. Mais cette avancée frénétique vers un avenir technologique n’empêche pas son peuple de maintenir ses traditions pour former un cocktail paradoxal (pour nous, pas pour eux). Démocratie puissante, pays « clean », tourné vers l’écologie (pfff), proche de la nature avec comme fer de lance le fameux Mont Fuji. Terre composée d’immenses villes où les gens travaillent avec une grande précision du matin au soir et se déplacent dans des trains bondés jamais en retard avec des pousseurs sur les quais et …. rho j’en ai marre d’écrire ce texte !


J’espère que vous y avez cerné le second degré. Car je crois avoir balancé pas mal de mots magiques non ? Ah, j’ai peut-être oublié sushi, kawaii, manga, robots et jeux-vidéos ? Il doit y en avoir d’autres encore que j’oublie.

Regardez la photo plus haut d’Osaka. Telle est l’image qu’on se fait des villes japonaises, fascinantes certes mais un peu inhumaines à cette échelle. On aurait peine à croire que, cachés dans ces blocs apparents de béton se trouvent des lieux, des matières, des gens qui sont hors des grandes idées de base sur le Japon.

Pas de building, pas de frénésie, pas de technologie, pas vraiment de richesses, pas forcément beaucoup de travail, pas beaucoup de consommation futile ou de paraître, pas de prise de tête, pas vraiment de retenue et pas de soucis avec le bordel. La sobriété japonaise semble bien loin.

Vétuste, désuet, ancien, abîmé, bricolé, rafistolé, vieillot, tels sont les mots qui me viennent à l’esprit quand je me balade dans ces quartiers populaires si charmants qui font parfois penser à un taudis de pays riche.

Le mélange de matière, d’époques, de style donne un cachet sincère à ces lieux en marge mais jamais bien loin de tout.

Entre les grands immeubles se cachent parfois des petites ruelles étroites aux antipodes du décor rutilant des boulevards tout proches. Quelques lanternes s’illuminent le soir pour égayer un passage qui collectionne les moteurs de climatisation. On s’engouffre sans trop savoir où l’on va ni si l’on en a seulement le droit.

La touche exotique n’est jamais loin, comme une note d’espoir. Une éclaircie sur un visage parfois monotone tels des Origami accrochés sur les barreaux peu accueillants d’une fenêtre.

Poubelles et compteurs d’électricité, asphalte troué dans lequel s’entasse l’eau de pluie et où se reflète l’envers de la ville.

La gentillesse est toujours là, la vraie cette fois, celle qui s’accompagne parfois de maladresse. Mais ici, si quelqu’un pense non, il dira non et si t’es pas content c’est pareil. Si un couple veut marcher main dans la main, il le fait. Si un homme veut fumer en marchant dans la rue, il le fait. Si une grand-mère veut gueuler contre les gosses qui jouent bruyamment dans la rue, elle le fait. Si un commerçant veut regarder l’étranger que je suis dans les yeux, il le fait.

La sincérité y est encore un peu régulée il est vrai mais juste ce qu’il faut, entre esprit collectif et affirmation de soi. J’existe sans piétiner les autres et je peux garer mon scooter en laissant les clés dessus.

Il n’y a pas que les matières qui sont anciennes, les pratiques le sont aussi parfois. Avouez qu’en regardant la première photo de cet article on a du mal à imaginer que celle ci-dessous à été prise au coeur de la même ville.

J’aime ce Japon qui ne connaît pas le sèche-linge ou le double-vitrage, qui utilise des téléphones en bakélite, qui se soucie peu de l’isolation des maisons car on ne l’a jamais sensibilisé sur le sujet, qui fait pousser des plantes et des fleurs dans la rue, qui bricole au petit bonheur sa gouttière rouillée, qui scotche un rétroviseur sur un poteau pour faciliter la circulation des voitures, qui utilise un pot de peinture comme cendrier sur le bord de la route, qui se laisse envahir de mauvaises herbes que personne n’enlève vraiment ou qui utilise encore des bouliers pour calculer les transactions commerciales.

On a l’impression que le monde s’est arrêté ici. Il vieillit depuis 30, 40, 50 ans et ne se renouvèle que peu. Une télé récente par ci par là mais dans un contexte rétro digne d’un Musée sur l’habitat d’après-guerre.

Partout au Japon, il existe ce genre d’endroits. Partout il reste des maisons de bois éparpillées pas loin d’une galerie commerçante bercée par de vieux tubes crachés des entrailles de haut-parleurs vieillissants, le tout sous une toiture bâchée qui se troue petit à petit.

Ce Japon là, on n’en parle pas beaucoup. Les Japonais en ont honte (ils ne devraient pas). Il est déroutant, crasseux, poussiéreux, ce n’est pas l’image qu’ils veulent donner de leur pays et ce n’est pas l’image que l’on s’en fait en Occident. Mais le Japon est aussi un pays qui vit avec ses propres inégalités et ses micros univers. Et puis qu’on le veuille ou non, il ne faut pas oublier qu’on est en Asie et donc on retrouve, toutes proportions gardées, ces quartiers populaires aux effluves enivrantes, où la bière coule à flots pour des clients installés dans des restos de fortune, au coin d’une rue, assis sur des cagettes de bières et des tables récupérées à gauche à droite. Et ça rigole, ça braille, ça vit à fond !

Le cuisinier fait griller ses brochettes la clope au bec mais n’est pas avare d’interactions avec les passants. Son collègue découpe du poisson cru sur une planche en bois à l’intérieur d’une minuscule cuisine dont les murs sont salis par l’humidité et la graisse transportée en fumée. Et si ça ne vous plaît pas, vous pouvez toujours aller au MacDo ou à toutes autres adresses de ce monde aseptisé, sans saveur et impersonnel que l’on connaît tous très bien. Bref regardez plutôt la photo ci-dessous pour y chercher la pointe technologique et le futur.

Toutes ces photos ont été prises à Osaka, capitale nationale de cet univers populaire. Un aspect du Japon tellement intéressant. Mais chuuuuuut ! Il ne faut pas le dire !

Laissons les Japonais superficiels et complexés qui ne se dévoilent pas pour les autres, nous on retourne rigoler avec des gens plus entiers.

33 Responses to “Le Japon de l’envers”

  • Salut Angelo (on a fait un Tokyo Safari ensemble avec David et mon père),
    Bel article. Le Japon c’est comme partout dans le monde : le touriste ne percevra que la face exotique. Il n’a d’ailleurs pas le temps de s’intéresser à autre chose. S’il revient il pourra voir la face populaire, s’imprégner d’une ambiance plus classique, plus simple et se confronter aux soucis de tous les jours. La vraie vie de résident. Ce qui n’est pas (encore) mon cas. Je suis venu 3x au Japon, j’ai vu des choses qui m’ont émerveillé et j’ai commencé à vivre des choses de tous les jours. Avec mes séjours ma vision évolue et c’est bien normal. J’espère vivre vraiment le Japon l’année prochaine…

    • Salut P’tit Suisse ^^
      Merci pour ce commentaire. Tu as raison, le touriste n’est pas forcément là pour découvrir les facettes alternatives et quotidienne d’un pays. Mais le voyage est quelque chose qui peut avoir mille nuances en fonction des envies et des priorités de chacun.
      Le but de cet article n’était pas de dire aux touristes que c’est l’endroit où il faut aller mais plutôt de mettre juste un peu en avant (comme une info) un Japon trop souvent éclipsé médiatiquement.
      À bientôt et merci encore pour le succulent chocolat 😀

  • Bonjour
    J’entrevoie de bonnes idées pour dans quelques jours

  • bonjour
    merci pour ces photos un peu dures ..mais reelles.le fan du japon ancien que je suis est un peu decu . ont ils oublies leurs traditions?je ne les juges pas je pense qun peuple tel que eux merite autre chose que cette misere

    • Bonjour Pontleve !
      Que veux-tu dire par « fan du Japon ancien » ?
      Et je ne pense pas que ces personnes vivent dans la misère. Du moins ce n’était pas le but de mon article. Au contraire, ils semblent souvent très heureux et ne manquent de rien de nécessaire pour vivre.
      Le Japon est juste un pays vieillissant à plusieurs niveaux, et sa tradition, tu la trouves plus dans ces coins là que dans les quartiers modernes remplis de néons. D’ailleurs mes photos le montrent bien.

      Il existe, bien évidement, des quartiers à l’ancienne mais plus entretenus (pour le touriste de passage). Mais ce n’est pas cet aspect qui m’intéressais ici. Je voulais justement montrer autre chose que le Japon carte postale 🙂

  • Pour moi, ça me fait beacoup penser aux quartiers traditionnels alsaciens. ^^’ C’est vieux, figé, mais étonnament c’est là ou sans doute les gens sont le plus vivant, plus naturel.
    Je ne sais pas si j’aime vraiment le Japon, mais en tout cas ma curiosité ne faillit jamais. Je pense quelque fois, si j’y habiterait, quel serait mon lieu pour poser mes valises.
    Et ce serait surement Osaka. 😉 (merci pour le partage de ton experience là-bas :p )
    Je suis un geek( étudiant en informatique même), fan d’anime, de jeux et d’autres domaines culturels modernes japonais. Je mentirais en disant que Akihabara ou Den Den town ne sont pas des lieux qui m’attirent. La ville grouillante, electrique, qui ne s’arrête jamais est qqch qui fascine. Mais c’est aussi lassant. Les lieux de vies que tu nous montres sont eux à l’opposé, calme, empreint d’une certaine sérrénitté. Immuable. Juste vivre est ce qui decrirait ces quartiers reclus mais tellement intriguants. Pourtant moi, c’est ce type de qurtier que je choisirais. Pourquoi choisir un duplex sans personnalitté au 14eme d’une tour plutôt qu’une maison d’un quartier plein de couleur.
    Moi en tout cas je préfère les boiseries :p

    • On peut être un « Geek » et aimer ce genre d’endroits. On peut apprécier DenDen Town ou Akihabara et savoir apprécié changer d’air. Et inversement. C’est quand on se bloque ou quand on ne veut pas sortir d’un univers prédéfinis que les problèmes se posent selon moi.
      Certains disent qu’ils aiment le Japon mais j’ai parfois l’impression qu’en réalité ils aiment l’image qu’ils s’en font et non le pays lui-même. Car l’article en question montre un Japon beaucoup plus quotidien et ancré dans les réalités que celui de son univers pop-culturel délirant ou celui des maisons de thé d’où sortent des Maiko à Kyoto. L’idée c’était juste d’offrir une vitrine à un aspect du pays qui est bien plus présent et étendu que l’on ne l’imagine.

  • un vrai régal vos photos!!!
    Je les trouve romantiques et intimes.
    comme si l’on c’était faufilé là où l’on n’aurait pas dû être…
    un passage éclair dans l’intimité ( le bazar sur les étagères, les amis pris dans une discussion animée,….)
    Personnellement j’aime ce contraste entre la vitalité moderne de certains quartiers et le flou du passé. le juste équilibre pour ne pas se perdre peut-être? 😉

  • Bonjour / bonsoir.

    Mah, c’est certainement pas ce « genre » de Japon qui sera vendeur pour le « grand public » qui va le chercher en agence de voyage (spécialisé Japon ou non).
    A titre de comparaison, l’inverse est vrai aussi. Pour un Japonais, Paris est une ville propre, sympa, cool … (je parle de Paris, étant toujours l’étape OBLIGATOIRE des voyages organisés en France par les agences de voyages. Avec le Mont St-Michel.).
    Quand à la télé… Rares sont les émissions qui dépeignent le VRAI Paris ^^.

    Heureusement que certaines personnes, comme toi par exemple, permettent à ceux qui le veulent de sortir de ses chemins tous tracés. Et permettent de faire découvrir un mode de vie authentique.

  • Salut Angelo.
    Je dois avouer que je n’avais pas mis les pieds sur ton blog depuis un moment (je préfère quand on discute en live avec une bière tu le sais, même si c’est trop rare), mais je dois dire que cet article m’a subjugué. Tu t’es, permets moi de te le dire, beaucoup amélioré en terme d’éloquence écrite (tu l’avais déjà à l’oral par contre). Cet article est (et ça me coûte de le dire) un article que j’aurais aimé écrire! Et ça me rend vert de jalousie!

    Tu sais bien que nous partageons beaucoup de choses sur notre vision du Japon, d’Osaka, et du regard que l’extérieur pose sur tout ça, et tu sais à quel point je respecte ton énergie et ton travail. Cet article est parfait. Moi qui vis ici, qui connais ces mêmes aspects, et les apprécie, j’entends et pèse chacun de tes mots. Et puisque je n’ai pas pu écrire ce magnifique article, j’ajoute mon grain de sel…

    Il ne s’agit pas de dire que l’autre Japon (celui véhiculé plus volontiers par les media) n’existe pas, non non, il est bien réel, simplement il n’est pas suffisant pour comprendre le pays dans son entier (vaste programme cela dit, même pour nous résidents). Il ne s’agit pas non plus de dire que celui que nous défendons est supérieur à l’autre, ou plus « réel ». Simplement de souligner qu’il existe.

    will-uchan a raison, l’inverse est vrai, et moi qui suis professeur de français, je peux témoigner de l’incroyable écart qui existe entre l’image qu’ont les élèves de français ici avec la réalité de mon pays natal. Mais c’est justement à nous, de leur donner un aperçu de cet écart, et des autres facettes de cette culture qu’ils disent (sincèrement) aimer. Le problème étant que cela demande plus d’efforts pour expliquer ce qu’il y a de beau dans cette sous-couche, et les documentaires ou les guides n’ont pas cette energie pour expliquer tout ça, c’est normal.
    Pour autant, les vieux quartiers d’Osaka ne sont pas plus « véridiques » que les autres et vous n’aurez pas raté votre voyage au Japon si vous vous contentez des « lieux communs ». Mais ce n’est pas une raison pour que personne ne dise qu’autre chose existe aussi.

    Merci de le faire si bien mon pote!

    • Salut mon Coq !

      Que dire de plus suite à ce commentaire ?
      Tout d’abord, merci. Merci d’avoir posté un commentaire et partagé cet article autour de toi. Merci aussi de l’apprécier. Et pour finir, merci pour les très justes précisions contenues dans ton commentaire. En effet, mon but n’était pas dire que le Japon que je décris dans cet article est le vrai mais simplement qu’il existe aussi.

      Recevoir des compliments de ta part sur mon éloquence écrite me fais vraiment plaisir. Surtout venant d’un des meilleurs professeurs de français de l’archipel ^^

  • « Approchez, approchez ma p’tite dame, vous trouverez bien dans mon étalage ce que vous cherchez! »

    LES MOTS

    Parfois, les images qui parlent
    se font aider de mots
    qui eux font voir
    au-delà des images
    ce que l’on cherche sans voir!

    ✿ 海子 [ 五行詩 ] Gogyōshi (Poésie de cinq lignes)

    ✿ ✿ ✿

    Soroban [そろばん 算盘 ] Le bolier que les enfants apprennent à manier avec tant de dextérité! Pourtant les calculatrices électroniques ne manquent pas…
    Oui mais… Il ne suffit pas d’appuyer sur un clavier pour arriver au bon compte! C’est incroyable et un bel objet parfaitement autonome… Si l’on apprend à s’en servir 🙂

    Quant à la langue c’est la « clef » d’échange indispensable entre nous et les japonais… À moins d’avoir un « traducteur humain »sous la main, ce qui est vraiment appréciable.

    Tout est dans la communication!
    Alors tous au « japonais »!
    Au moins un petit peu, ce qui ne permettra pas un vrai échange évidemment, parce qu’il faut pouvoir comprendre la réponse…
    Mais avec un peu de chance, si l’anglais est maîtrisé des deux côtés, on pourra se comprendre! Mais pas partout, car tous les japonais partout ne parlent pas anglais, comme tous les français ne parlent pas anglais partout…

    Alors, parfois aussi, nous restons sur notre faim d’échange, mais le coeur y est et les gestes le font comprendre.
    Chose étonnante c’est que pas mal de japonais aiment la langue française et l’apprennent!

    Merci à Ondori qui m’a conduit ici chez toi Angelo ❤
    Rien à redire sinon MERCI à toi ❤ et bonne continuation.
    Bel été japonais dans cette jolie ville de Osaka!

    • Quelle belle composition !! J’aime beaucoup ta poésie. C’est vraiment très joli et chargé de sens.
      Merci pour ce beau commentaire, véritable essence de motivation pour continuer d’écrire des articles sur le blog ^^

  • Bonjour Angelo, t’as un vrai talent pour l’écriture! j’adore ta façon de décrire, je crois les voir devant moi, très touchant …

  • Bonjour,
    j’envisage de partir au Japon un an (et plus si possible) bientôt. Lassé par les articles classiques « technologie VS tradition, Shibuya, robot etc… » je suis en recherche d’articles plus « vrais » sur cet autre Japon dont j’espère l’existence. Je crois avoir simplement besoin parfois de me dire que tout aussi étrange qu’il puisse être, ce pays n’en reste pas moins peuplé de gens naturels, sans sophistication ou complications sociales trop présentes. Et cet article me fait beaucoup de bien! J’aime beaucoup le côté high-tech, mode, manga etc du pays, mais j’aime tout autant ces photos, ces ruelles cassées, on imagine déjà les odeurs et le bruit, la vie qui y est présente. Ca me fait penser un peu au Hong Kong des films d’art martiaux des années 80, ou encore à ce qu’on peut voir dans « In the mood for love ». Bref, cet article m’a conquis, il me tarde d’aller voir les autres sur le blog!

  • bel article,belles photos…
    j’ai ressenti aussi ça a Osaka…
    ce pays m’a émerveillé,cette ville m’a plu,ce mélange d’ultra moderne et de très ancien….
    (ma femme est japonaise…et nous sommes très heureux tous les deux…)
    son pays m’a plu…sa culture,ses traditions,j’adore… je m’y suis senti bien…les gens sont tellement acceuillants…intéréssés.
    mais maintenant, il me trote en tete l’envie…d’y vivre…

  • Bonjour ,

    Super article vraiment très intéressant je ne suis pas encore allez au Japon ( mais j’y compte bien crois moi ! ). Je trouve que s’intéressait à un pays en rencontrant les classes populaires , en visitant les quartiers pauvres c’est percevoir l’essence même du pays et surtout en Asie ! De plus il est vrai que si tout le monde à entendu parler des immeubles crasseux de Hong Kong c’est bien plus rare de voir ce genre de chose au Japon. Tout le Japon m’intéresse que ce soit celui des riches , des ruraux et des pauvres , mais je pense que ces derniers ont réellement gardé leur côté asiatique et la vie de rue. Je ne manquerais pas de visiter ce genre de coin au Japon , mais Ondori à raison les lieux commun et touristiques sont aussi agréable à découvrir , et puis bon l’attrait de la carte postale fait plaisir ! ( je parle en expérience d’autres voyages ).
    Voila en tout cas merci à toi !

  • « J’aime ce Japon … qui se soucie peu de l’isolation des maisons car on ne lui a jamais appris »

    Les Japonais semblent pourtant se soucier de l’isolation depuis des siècles. Les tatamis, par exemple, qui recouvrent les planchers depuis le XVe siècle, sont d’excellents isolants : chauds en hiver, frais en été. Mais dans les quartiers dont tu parles ces nattes n’existent peut-être pas ?

    • Tu dis que les tatamis sont chauds en hiver et frais en été. Tu le dis parce que tu l’as vécu ou parce que tu l’as lu ? ^^
      Crois-moi qu’en plein hiver, dans les maisons japonaises, les tatamis ne sont pas chauds en hiver.

      J’aime cette matière qui est, il est vrai, par nature « pas froide » mais dans ces quartiers vieillissants, à la limite du délabré, les tatamis ont aussi perdu de leur fraîcheur. Les nattes s’écartent, s’enfoncent, ont même parfois des trous. Souvent, des puces viennent s’y installer.
      Mais je ne voulais pas pointer le tatami, qui est une belle invention tout de même. Je parlais de l’isolation générale japonaise, d’un niveau très sommaire et loin d’être une priorité. Dans les vieux quartiers, les maisons de bois sont souvent bancales. Il en résulte des écarts de un à plusieurs centimètres entre les portes/fenêtres et leur cadre ou les murs. Les planches de bois se trouent aussi parfois et les murs en torchis s’effondrent petit à petit au contact de l’air extérieur et de l’humidité, sans parler des poutres de bois rongées par le temps.
      Que l’on parle de maisons traditionnelles ou des modernes, l’isolation est laxiste. Je vis dans un appartement des années 70. Il y fait souvent plus froid que dehors au printemps et plus chaud que dehors en été. Je rêve de retrouver un radiateur et d’avoir du double-vitrage ! ^^ Même les fenêtres fermées, un désagréable courant d’air froid se faufile au travers pendant plusieurs mois. Les déperditions de chaleur et l’impact écologique global du Japon sur ce point est désastreux car mon appartement est loin d’être un cas isolé (jeu de mot inside ^^)

      L’isolation moderne et efficace commence tout juste à devenir une option standard (encore luxueuse) pour ceux qui peuvent se la payer. Lors de la construction d’un bâtiment, si en cours de route il faut faire des économies sur le projet initial, une des premières choses à en pâtir c’est l’isolation. C’est un fait, ça n’a jamais été la priorité ici. Cette dernière étant avant tout la sécurité en cas de séisme qui oblige aussi à miser sur des constructions légères.
      Alors, dire que les Japonais se soucient de l’isolation depuis des siècles, ça me fait doucement rigoler 🙂

      • Je dis cela parce que je l’ai vécu et que je le vis, bien évidemment, été comme hiver. En plus je peux régulièrement comparer la situation avec la France, où j’habite. Dans le Kansai, où je réside régulièrement, nous avons trois washitsu à la maison, et je confirme que les tatamis sont très agréables car ils gardent bien la fraîcheur en été et conservent la chaleur en hiver (pas pendant des heures, certes !). Si on compare avec d’autres matériaux, il n’y a pas photo. En plus ils sentent très bons, donc c’est parfait. ; )

        L’isolation dépend évidemment des bâtiments. Ensuite, et ceci je l’ai lu (il faut tout préciser maintenant ^^), les Japonais construisaient il y a des siècles des maisons sur pilotis pour créer un vide d’air. En plus des nattes, on peut voir qu’ils se soucient donc de l’isolation depuis des siècles, mais pas comme on le penserait. 😉

        Par ailleurs, je m’éloigne un peu du sujet (les quartiers traditionnels et les vieilles maisons d’Osaka), mais je préciserai deux points.

        Le Japon connaît le sèche-linge : bien que cet appareil semble rare (on préfère sécher le linge dehors, c’est efficace et bon pour la planète), il en existe dans n’importe quel magasin d’électroménager. On trouve même des lave-linge séchants (Sharp en fabrique, par exemple).

        Le Japon connaît le double vitrage : certes, cette pratique est rare (sauf à Hokkaïdô où elle existe depuis longtemps, comme tu le sais certainement), mais en augmentation. En 2000, à peine 5 % des foyers étaient équipés ; suite aux nombreuses campagnes, cette proportion est probablement plus importante aujourd’hui. Mais il faut rappeler aussi qu’il fait plus ou moins chaud la moitié de l’année à Honshû (d’avril à octobre), ce qui n’est pas le cas des pays où le double-vitrage et les sèche-linge ont plus de succès.

  • Ah ! Ton article me fait plaisir. C’est le Japon que j’aime et Osaka je m’y sens chez moi mais c’est difficile de faire comprendre le charme de la ville a tout le monde … Très jolies photos 🙂

    • Content de savoir que tu t’y sens bien et merci pour ton commentaire 🙂
      Je te rejoins sur le fait qu’il est assez difficile de faire comprendre l’âme d’Osaka a certains. Tant mieux pour nous ^^

  • Très intéressant comme point de vue, merci.

  • Bonjour Angelo,

    Tu as un joli don pour l’écriture. Vraiment. Tes articles sont très agréables à lire. Le rythme coule lentement, la nostalgie se fait sentir… Et ton amour pour ces vieux quartiers aussi.

    Je suis agréablement surprise de trouver quelqu’un qui partage cet amour des vieux quartiers décrépis, cette vision non touristique. En se promenant des ces quartiers, on se rend compte également combien ces mégalopoles sont en réalités à hauteur humaine (simplement labyrinthique). On y rencontre également la pauvreté (sans que ce encore soit la misère… bien que celle-ci existe, mais elle se cache), l’humilité, la gentillesse… et de vrais grincheux ! Mais ils font partie du paysage de ce Japon non aseptisé.

    J’en veux plus.

    • Bonjour Valérie,
      Merci à toi. Je ne sais pas si j’ai un don pour l’écriture. Je laisse mes pensées s’exprimer et ça sort comme ça, naturellement.
      Oui, j’aime les vieux quartiers. J’aime ce Japon aux antipodes de l’image que je m’en faisais avant d’y venir. Ça a été une belle surprise de découvrir cet aspect vraiment populaire et comme tu le souligne, presque pauvre.
      Comme toi, je trouve que nous ne sommes pas beaucoup à en parler. Parfois, je me dis que beaucoup ne regardent au Japon que les aspects qui corroborent l’image qu’ils s’en faisaient. Mais je me trompe peut-être. C’est probablement juste que cet aspect n’intéresse que peu de personne. Mon Japon, du moins celui qui m’intéresse, n’est pas celui des robots, des maid-cafés, des idols en mini-jupes et du kawaii ^^

  • J’aime le Japon du quotidien.
    Ces villages de plusieurs millions d’habitants. Ces petites villes tranquilles qui paraissent désertes.
    Ce Japon souriant où l’on prend le temps de vivre. Le japon des petites ruelles de quartier où l’on croise aussi bien une carpe koï dans son bocal, des fleures en pot côtoyant un distributeur de boissons au café avec un Tommy Lee Jones très mâle.
    J’ai aussi hanté la forêt vers Nanto. J’y ai bu de l’eau se source sortant d’un tuyau, grignoté des crosses de fougères sauvages, trouvé un nid de tanuki (ou autre bête des bois) rempli des balles du golf d’à coté, effrayé par un kamoshika alors que des panneaux criaient : attention aux ours. J’ai fait envolé des couples de faisants dorés ou des grues posées sur les bords des rizières, des jardins « ouvriers ».
    Je vous rassure, j’ai aussi visité quelques temples et autres lieux touristiques.

    Angelo, je te remercie du fond du cœur pour ces photos magnifiques.

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