Paradis de paille

On 18 septembre 2012 by Angelo Di Genova

Un espace géométrique fermé mais mouvant. Une lumière diffuse indirecte qui se propage délicatement dans toute la pièce. Des matières organiques et chaudes qui se suffisent à elles-mêmes. Un sol en paille de riz qui s’enfonce sous le poids de mon corps. Les pieds nus, on ressent le relief du tissage de la paille. C’est lisse lorsqu’on caresse les nattes dans le sens du tissage. C’est rugueux dans le sens contraire.

La plante des pieds ainsi posée sur la tatami, on se sent relié au sol, vivant, comme libéré de l’emprisonnement de nos chaussures quotidienne. Le pieds respire et ses terminaisons nerveuses semblent s’agiter à nouveau. On avait presque oublié qu’il existe tout un univers sous nos pieds.

Je marche jusqu’au Tokonoma, cet espace, le seul, dédié aux éléments décoratifs. Je me retourne pour apprécier le vide du lieu. Le bois qui inonde la pièce s’amuse à gémir parfois, comme s’il expirait une bouffée d’air pour mieux résister au poids des visiteurs.

Ici, les soucis, les problèmes ne rentrent pas. Je les laissent de l’autre côté des « Shoji », les portes coulissantes.

Je m’allonge et m’étend au coeur de la chambre dans la maison de ma famille d’adoption. Une faible odeur de paille vient s’inviter dans mes narines. Je ferme mes yeux et sens ma colonne vertébrale. Je sens mon corps et la dureté du plancher. Non, en fait, plus que les tatami, c’est la rigidité de mon corps que je ressens.

Une pièce japonaise « washitsu », on n’y rentre pas, on s’y baigne . . .

11 Responses to “Paradis de paille”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *