L’île d’Okinawa

On 11 juin 2011 by Angelo Di Genova

MENSÔRE ! !

Voici comment on souhaite la bienvenue dans la langue locale d’Okinawa, l’Uchinaguchi, (qui est étonnamment proche du Coréen sur certains points).

Okinawa, et sa beauté tropicale, était la dernière grosse région qu’il me restait à découvrir au Japon. C’est avec une excitation non dissimulée que j’ai embarqué dans l’avion pour y aller. Accueilli à l’aéroport de Naha, la capitale de la région, par des étals d’orchidées et une humidité très élevée, j’ai tout de suite senti que j’étais sur des terres bien différentes du reste du pays. Et pour cause, ici, c’est l’ancien Royaume de Ryukyu, un pays à part conquis par le clan de Satsuma (actuelle Kagoshima) en 1609. Aujourd’hui, Okinawa a beau faire partie du Japon, ça reste une région particulière, unique même.

Mer turquoise, plage de sable blanc, corail et autres poissons multicolores forment cet archipel paradisiaque où les coquillages sont quelques fois si grands qu’ils peuvent servir de lavabo. La mer de l’île et ses récifs offrent de bons spots pour effectuer de la plongée sous-marine.

Okinawa se trouve sur le 26e parallèle de l’hémisphère nord. Ce qui correspond à peu près en latitude au Qatar. C’est la première fois de ma vie que je me suis senti ébloui par la lumière du soleil alors que celui-ci se trouvait derrière un rideau de nuages.

Palmiers, fleurs et autres végétations subtropicales sont omniprésents. Okinawa produit du sucre de canne, des petites bananes, des mangues, de succulent citrons verts nommés Shikwâsâ, ainsi que d’autres fruits exotiques. L’autoroute est par moment la plus jolie qu’il m’a été donné de voir dans ma vie, bordée d’hibiscus et de pins maritimes touffus et petits comme des hérissons. On comprend facilement qu’on se trouve ici dans le Nangoku, le pays du sud. C’est une réserve naturelle exceptionnelle pour la faune comme pour la flore.

Les visages des habitants sont souvent différents des Japonais. Les traits sont plus marqués, la peau plus mate. Les locaux sont réputés pour leur côté fêtard et leur amour de l’Awamori, l’alcool fort du coin. Ce dernier est quelquefois présenté dans un bocal avec un habu un serpent du coin, dont la morsure peut-être mortelle.

À Okinawa, la musique folklorique locale prend un aspect monumental. Elle est omniprésente. C’est une des attraits que les touristes recherchent en venant à ici et les habitants, leur rendent bien. Mais, c’est avant tout parce qu’eux-mêmes, étant très fiers de leur propre musique, ont grand plaisir à la partager. Comme le ukulele hawaïen, le Sanshin d’Okinawa est devenu un trésor touristique local.

Sur les cimes des montagnes et des collines aucun temple et sanctuaire. Les tombes d’Okinawa sont très différentes de celles du reste du Japon. Ce sont de petites maisonnettes de béton.

Le bouddhisme semble avoir eu moins d’influence ici que dans le reste du pays. Le shintô aussi est assez peu présent. L’identité d’Okinawa étant très marquée, les symboles religieux que l’on voit le plus ce sont les Shisa, les gardiens protecteurs des Dieux que l’on voit partout et qui prennent toutes les formes possibles, et même les plus comiques. J’en parlerai plus profondément lors d’un prochain article.

Okinawa connue pour être la terre du karaté. Il existe une danse masculine nommée Eisa, qui comporte des ajouts de diverses disciplines, à la fois musicales, théâtrales et martiales. C’est impressionnant à voir !

La cuisine n’est pas en reste avec différentes spécialités, mais surtout la production du fameux Goya, particulièrement bon pour la santé. Les habitants d’Okinawa sont réputés pour avoir la plus grande espérance de vie du monde.

À Okinawa où le niveau de pluviométrie enregistré par an est assez important, la vie n’est pas amusante tous les jours. L’île est régulièrement touchées par les vents forts produits par les nombreux typhons (cyclones) passant par là, apportant de très fortes pluies, couchant des arbres et agitant dangereusement la mer. Mais, il y a un effet bénéfique à tout ça car ces tempêtes seraient essentielles à la bonne santé des coraux.

Culture locale bien marquée, histoire intéressante sous influence chinoise et japonaise, architecture typique, gastronomie, musique folklorique etc. Voici la recette du succès. Okinawa est très attachante ! Il se dégage une belle force ici. Et si l’on connait déjà le Japon, l’expérience est troublante. Impossible de savoir distinctement si l’on découvre un nouveau pays ou simplement une nouvelle région du Japon. Tout semble différent et familier en même temps.

Okinawa une île qui a un son, celui du Sanshin, qui rythme sa vie quotidienne. Difficile de ne pas avoir envie de retourner dans son écho si captivant.

Mais, les Japonais n’arrêtent pas de me dire que plus au sud encore, en continuant vers Taiwan, les îlesYaeyama sont encore bien plus jolies. Un jour . . . oui, un jour assurément !

3 Responses to “L’île d’Okinawa”

  • Les iles Yaeyama, oui absolument, a ne pas rater! En minshuku, c’est genial!

  • Entre Okinawa et Yaeyama, Miyakojima offre un des plus beaux spots de snorkeling de la planète. Sur la plage Yoshino, le gardien Ojiisan s’arrête pour discuter avec tous les visiteurs. Notre première visite en juillet 2012 nous a tellement émerveillés que nous y retournerons cette année… avant de passer par Osaka, une fois de plus. J’y ai encore tellement de choses à découvrir!

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