Itaibara, un hameau isolé

On 21 avril 2015 by Angelo Di Genova

Itaibara-tottori-japon-04

Enclavé dans la montagne, au coeur de la préfecture de Tottori, somnole un petit hameau nommé Itaibara. Le genre de lieux dont on entend pas vraiment parler. Le monde autour semble l’avoir volontairement éclipsé comme quand l’on referme un simple tiroir. Tout est toujours là, mais ça ne se voit pas.

Itaibara-tottori-japon-03

C’est un lieu comme il y en a beaucoup au Japon. Rien de spécial. Mais lors de mon premier voyage dans ce pays j’aurais vraiment aimé voir ce genre d’endroit, inimaginable quand on découvre le Japon par ses grandes villes.

Itaibara-tottori-japon-06

Quelques maisons plantées proches les unes des autres et entourées de rizières ou potagers. Les chemins entre les habitations sont étroits, aucune voiture ne peut y passer. Les constructions sont usées, délabrées et charmantes. Pourquoi vouloir inventer une machine à voyager dans le temps  quand il suffit de venir dans ces hameaux et villages reculés au coeur des montagnes de cet archipel étonnant qu’est le Japon ?

Itaibara-tottori-japon-05

Je suis resté presque 30 minutes ici. Je n’ai entendu aucun bruit, si ce n’est celui du ruisseau.

Itaibara-tottori-japon-02

Aucun signe de vie mais pas pour autant l’impression d’un hameau abandonné. Je sais ressentir la chaleur quand il y en a. Itaibara n’avait rien de froid. Était-ce l’esprit de ce village qui continuait à vibrer même après sa mort ? Non, les potagers étaient entretenus par quelqu’un. Mais ce quelqu’un je ne l’ai jamais vu.

Itaibara-tottori-japon-01

Il y a quelque chose de triste et de beau ici. Mes sentiments sont partagés car le temps fait mourir petit à petit cet endroit et ses habitants. Mais en même temps, il est beau aussi ainsi et je suis heureux de l’avoir vu avant qu’il ne disparaisse ou qu’il ne change complètement. Cet article, sans prétention, permettra peut-être de lui laisser un peu plus de trace dans ce monde, à travers vous, à travers vos yeux, ceux-là même qui se posent ici dans le maigre interstice que lui offre ce blog.

Itaibara-tottori-japon-07

__________

Suivez moi sur Twitter, Facebook et Instagram

12 Responses to “Itaibara, un hameau isolé”

  • Salut Angelo !

    Merci pour ces magnifiques photos, comme toujours. Je pense que nous sommes beaucoup à rechercher ce genre d’endroits lors de nos voyages au Japon, mais hélas souvent difficiles d’accès sans etre motorisé !

    Peut etre un safari « villages paumés » un jour ? 😉 j’en suis sur que ça cartonnerait.

  • Super mignon ! C’est marrant je l’ai sur ma carte cet endroit (il me semblait bien) et je crois qu’il y a un ryokan ou une auberge.

    Par contre je ne suis pas complètement d’accord avec : « C’est un lieu comme il y en a beaucoup au Japon. Rien de spécial ». Je trouve justement que c’est de plus en plus difficile de trouver des villages simples et rustiques avec du charme. Quand je vais voir mes haikyo c’est souvent près d’un village où tous les arbres ont été coupés (utilisés), les champs ont été abandonnés, les maisons délabrés avec des fenêtres recouvertes par des plastiques verts, des poubelles partout…

    • J’ai peut-être été chanceux de tomber plusieurs fois sur des lieux charmants 🙂 Celui-ci a un côté reculé bien plus prononcé que les autres et en ce sens il est probablement rare, si je me réfère à tes remarques.
      Tu as raison de souligner ces lieux de campagnes salement laissés à l’abandon. La dépopulation est un phénomène qui fait beaucoup de dégâts.

  • on sentirait presque le silence émerger des photos.

    L’endroit est facile d’accès depuis Tottori ?

    Olivier

    • Salut !
      J’y étais en voiture et je pense que c’est compliqué pour y aller. Il y a peut-être des bus. Faudrait se renseigner mais c’est tout-à-fait le genre de coin qui demandent la location d’une voiture. Tu sais ce qu’il te reste à faire pour ton prochain voyage 🙂

  • De très belles photos, un peu du Kurosawa sans les fleurs, et un superbe texte. Pas très fan d’urbanisme j’aime bien aussi ce genre d’endroits. L’ennui au Japon c’est que souvent ça va de pair avec des bâtiments délabrés, fantômatiques, jonchés d’objets rouillés, avec les fenêtres en papier qui se trouent, qui ne peuvent être arrachés par manque de moyens. Et là, ça me met mal à l’aise et me déprime. Comme ça n’a pas l’air dêtre le cas pour Itaibara (nom bizarre cependant!), tu as l’air d’avoir déniché une perle ! Dommage juste que tu n’aies pu prendre ne serait-ce qu’une image avec quelqu’un, un paysan, une vielle dame… Dans tous les cas, sympa ton article.

  • Jolies images, belle découverte. Je pense, tout comme toi, qu’il y a pas mal de ces petits lieux, un peu partout (j’en avais dans ma préfecture de Chiba), mais leur accès est difficile, on ne les trouve qu’en voiture. En revanche, avec le développement et la concentration toujours plus accrus dans les grandes villes, ce sont des choses qui disparaissent. Sans parler de la fragilité et donc de la durée de vie limitée de ces maisons en bois.

    Hokkaido aussi se meurt, j’en discutais avec un photographe britannique qui s’y rend régulièrement.

    C’est triste, et c’est un phénomène qui touche malheureusement tous les pays développés. Le pire, c’est qu’on nous fabrique des mégalopoles qui, prises sous un angle général, se ressemblent toutes. Un ami était choqué de découvrir des vues de Saigon (pardon Ho Chi Min…) quand je lui annonçai que, malheureusement, le Vietnam aussi était atteint de ce vertige de la démence des grandes villes tentaculaires de verre et de béton (un drame pour moi qui rêve encore du Vietnam de Marguerite Duras).

    Bien entendu, il reste des promenades sympas en dehors des circuits touristiques, à travers des chemins de randonnées (il y en a même à Kamakura pour les gens assez ouverts d’esprit), mais ces petits villages perdus… qu’en adviendra-t-il ?

  • Excellent article sur ces petits coins typiquement japonais. Rien qu’avec quelques photos, on peut deviner que ça vient du Japon 😉
    Je retourne au Japon dans 3 semaines, hâte d’y être. Je finalise ma préparation …

  • jolie série, le genre de petits hameaux souvent accesible facilement en vélo pour pour peu que l’on veuille sortir des circuits touristiques.

  • Le village fait un peu penser au village des « enfants loups : Yuki et Ame » .
    Même genre de coin paumé, même ambiance !

    Très très jolie ! Merci pour le partage.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *