Doyadoya Matsuri à Osaka

On 15 janvier 2015 by Angelo Di Genova

14 jours après le nouvel an, a lieu chaque année un Matsuri (fêtes traditionnelles) au temple Shitennoji d’Osaka. Comme souvent, les Matsuri  de cette ville sont entrainants, vifs, amusants comme ses habitants. Plus qu’une fête, ce Matsuri est un rituel. On est très loin des ambiances estivales. C’est plus confidentiel.

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Doyadoya Matsuri est un rituel pour lancer sur de bons rails l’année qui vient de commencer. Il tire ses origines dans un passé où de bonnes récoltes sans encombre étaient la première inquiétude du peuple. Manger à sa faim et avoir quelque chose à revendre ou échanger était essentiel.
Les Japonais ne l’époque ne vivaient pas dans l’opulence de futilités de ceux d’aujourd’hui. Néanmoins, il persiste encore ces rituels qui n’ont parfois plus beaucoup de sens à l’heure actuelle. C’est la force culturelle du Japon : savoir garder près de soi des pratiques transmises de génération en génération sans les bousculer. Ces Matsuri traversent les âges comme les générations se succèdent sur l’arbre de la vie.

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Tout d’abord, des enfants se dirigent devant le pavillon Rokujido presque nus en affrontant le froid. Voir de tels petits bouts procéder à ce rituel avec assiduité est admirable. Mais, certains semblent surtout bien s’amuser.

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Puis, place aux plus grands, des jeunes hommes en Fundoshi arrivent par l’est et l’ouest. Le but pour eux est de récupérer des amulettes. Seulement, être nu en plein mois de janvier ne semble pas suffire pour obtenir la clameur des dieux. Il semblerait qu’il y ait plus de chance en leur jetant de l’eau froide sur le corps.

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Le spectacle est impressionnant ! Mais le rythme des voix, le son des sifflets et les sourires de la plupart permettent de ne pas vivre l’instant comme une souffrance gratuite. Le moment est léger, dur, mais léger.

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Le professeurs sont chargés d’arroser ces ados et ils le font à coeur joie. C’est un rapport très particulier qui doit se créer entre eux et les élèves après ça.

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Place ensuite à la prière, les mains jointes, le corps humide, sensible au moindre déplacement d’air.

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Et quand on croit que ça se calme enfin, c’est reparti pour un tour.

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Place ensuite à une pause assise. Une pause qui n’a de pause que le nom.

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Dans le froid hivernal, on pourrait croire qu’il neige sur eux.

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Moi je vois surtout Doyadoya comme un rituel de passage. Une sorte d’endurcissement avant de devenir adulte. Il y a  un côté militaire dans tout ça mais mon coeur balance. Quand je vois de quelle manière ça se déroule, je trouve ça bien. Bien sûr, je plains l’instant que vivent ces adolescents, mais je me dis parallèlement qu’il doit y avoir du positif et que ça ferait pas de mal d’avoir quelques rituels comme ça chez nous. Seulement la France remet tout en question. C’est sa force et sa faiblesse. Le Japon, au contraire, ne le fait jamais. C’est sa force et sa faiblesse.

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9 Responses to “Doyadoya Matsuri à Osaka”

  • Rituel très intéressant. Bien entendu, à Tokyo on a tous les rituels de purification avec les bains d’eau de source glacés et certains ont un côté joyeux, mais c’est tout de même le solennel qui prime (à part le festival de la boue dans la préfecture de Chiba). Ce rituel semble avoir un vrai côté festif… Ou je me trompe ?

    Très belle capture de l’eau en mouvement !

    Une seule critique sur la dernière photo. D’un point de vue photographique, ces effets ne sont pas les mieux venus. Autant choisir la radicalité du noir et blanc, ou alors rester en couleur comme sur toute ta série.

    En tous cas, je te jalouse pour ce joli petit festival.

    • Merci pour ton commentaire 🙂
      Ce Matsuri est festif ! C’est peut-être aussi le rapport prof-élève qui veut ça, comblé à l’esprit du Kansai, je ne sais pas trop. Mais, n’ayant pas fait ceux du Kanto, je ne saurais comparer.

      Ce blog est un espace d’expression où je suis libre. Je ne cherche pas toujours à obtenir ce qu’il se fait de mieux selon tel ou tel critère. J’exprime ce que je veux en fonction de mon humeur. Cette dernière photo, elle existe et je l’assume même si un jour elle ne me plaira plus. Elle tranche sur la série ? Pas grave ! 🙂
      Tout ce que je sais sur la photo, je le sais par ma seule et unique expérience avec un appareil en main. Avant de m’interdire de faire quoi que ce soit sous quelque prétexte que ce soit, j’aime être libre, hors de certaines théories ou règles quand j’en ai envie. C’est ainsi que j’évolue ^^

      • Je pense que dans le Kanto c’est un peu plus figé… De toute façon, la vie y est moins brute que dans le Kansai (trop de merveilleux souvenirs d’Osaka ; malgré les années, c’est encore dans ma mémoire)

        Oui, je comprends ton point de vue par rapport à l’expression libre. Je ne te fais pas de critiques pour critiquer, comprends-le bien. Je ne suis pas de ce genre-là. C’est simplement ma pensée, en tant que photographe. J’aime, de plus, beaucoup tes écrits, ta sensibilité, je te l’ai déjà dit par mail.

        Moi aussi je suis autodidacte ; pas complètement par rapport à l’image parce que j’ai tout de même un background, mais en tant que photographe, oui. J’ai appris sur le tas, en maniant l’appareil, en faisant des essais… Et en lisant… énormément. C’est plus qu’une passion, c’est une nécessité pour moi de photographier. Du coup, je pense que je peux comprendre les autres personnes qui ont appris par leurs propres moyens, parce que je suis passée par des phases d’essais, et que j’y passe encore.

        Mes critiques ne sont jamais faites dans le but de plomber les gens, mais au contraire, de les élever vers mieux, car on peut tous s’entraider. C’est ainsi que je vois les choses. Car s’il y a bien un truc donc j’ai horreur, c’est cette compétition de merde entres photographes, même lorsque l’on ne travaille pas sur les mêmes choses ; je ne fréquente d’ailleurs pas (beaucoup) de photographes français à cause de cette mentalité mesquine ; j’ai trouvé plus de réconforts auprès des anglo-saxons, paradoxalement, alors que ce sont de vrais compétiteurs. Ce sont des gens qui te font de véritables critiques pour te faire progresser (et non pas pour te démolir). Alors ne prends pas ma critique comme une agression, ce n’en est pas une, bien au contraire. J’aime la critique constructive. Alors je sais que ce n’est qu’un simple blog, mais cela n’empêche pas de donner son avis.

        En revanche, je t’envie d’assumer toutes tes photos, car moi, il y a des miennes que je n’assume plus du tout.

        • Valérie,
          J’ai bien compris que ton commentaire n’avait pas pour but de me plomber. Ne t’inquiètes pas pour ça 🙂
          Je te rejoins sur la compétition de merde qu’il peut y avoir entre photographe. D’ailleurs, elle existe dans plein de domaines. Ça ne m’étonne pas que les anglo-saxons aient un comportement plus constructif en général.
          Pour moi la photo, c’est avant tout un mode d’expression et un média qui permet de montrer des choses à un lecteur. Je prends cette discipline de manière très simple et m’amuse avec. Je ne m’intéresse pas au monde de la photo et des photographes en réalité. Ma culture des grands acteurs de l’histoire de la photo passée et actuelle est quasi nulle et je m’en porte bien ^^ Je fais mes trucs dans mon coin et évolue à mon rythme.
          Merci à toi pour tes commentaires.

  • Très jolies photos pour un matsuri très sympa, à refaire !

  • Oui, superbes photos, superbes captures ! Je ne connaissais pas du tout ce matsuri même après toutes mes années dans le Kansai ! Et bravo à eux qui ont su rester tout sourire alors qu’ils ont du vraiment « se les cailler ». Incroyable cet esprit de « gamman » nippon !

  • Toi tu sais donner envie à tes lecteurs de venir visiter ta ville héhé ^_^ Hâte de revenir à Osaka (certainement en juillet) pour le Tenjin Matsuri 😉

  • J’aimerai beaucoup assisté à un matsuri. Hélas lorsque je suis allé au Japon, ce n’était pas la bonne période.
    Pour mon prochain voyage, peut-être …

    En tout cas, tes photos sont magnifiques et immortalisent parfaitement l’événement. A défaut de le voir en vrai 😉

    • Merci 🙂
      Il y a souvent des évènements au courant de l’année. Il s’agit d’être au bon endroit au bon moment. Pas toujours évident mais il y a des matsuri tout le temps.

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