Assister à un tournoi de Sumo à Osaka

On 14 mars 2014 by Angelo Di Genova

Bien que trouvant ses origines dans le Kansai (région de Nara plus précisément), le sumo est aujourd’hui surtout vivace à Tokyo. Cette dernière jouie des meilleurs infrastructures de tout le pays. C’est aussi dans la capitale que se trouvent la plupart des Heya, les écoles de sumo. Mais, sport national emblématique oblige, les tournois ont lieu dans plusieurs villes : Tokyo bien entendu, mais aussi Nagoya, Fukuoka et Osaka.
Cette année je suis allé pour la première fois voir un tournoi de sumo à Osaka. Chaque année il a lieu en mars dans le Bodymaker Coliseum à Namba, fardé pour l’occasion.

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Les tickets sont valables à la journée. Il vous est possible de sortir une fois seulement. Tôt le matin, dans une salle presque vide, s’affrontent les jeunes sumo des divisions les plus basses. Plus on avance dans la journée et plus on monte en niveau pour atteindre les grades Juryo vers 14h20, puis Makûchi vers 15h45. Chaque changement de grade commence avec la présentation des lutteurs et de petites cérémonies.

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Le niveau Makûchi est celui où l’on peut voir les lutteurs stars des plus hauts niveaux, comme les Yokozuna et les Ozeki. Yokozuna est un grade honorifique donné à vie aux tout meilleurs sumo.

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Le sumo était à l’origine un cérémonie shintô. Ce sport est encore aujourd’hui régi par les codes de cette croyance religieuse locale. C’est pourquoi nous retrouvons par exemple un toit de sanctuaire shintô en suspension au dessus de l’arène.

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C’est une expérience étrange et fascinante. Ces lutteurs sont très souvent impressionnants ! L’énergie qui se dégage de leur confrontation se ressent jusqu’au loin dans les tribunes. Et tout ce qu’il se passe avant et après le combat est intéressant bien qu’un peu répétitif. Tout est codifié et l’on ne peut échapper à la procédure. J’aime beaucoup celle du jeté de sel servant à purifier l’arène.

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Dans le sumo l’erreur est fatale. Pas de points ici. On n’a pas le droit à une seconde chance. On gagne ou on perd. Ça se joue en quelques secondes, comme la vie qui peut basculer en un instant. L’enjeu est d’autant plus grand et beau que le duel est sévère et imprévisible. On perd son souffle durant ce moment, en apnée, où le lutteur s’apprête à tomber où toucher l’extérieur de l’arène, sonnant ainsi la fin du combat.

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Le temps de préparation, le mise en position d’attaque qui n’arrive jamais du premier coup mais toujours suite à un recommencement d’une ou plusieurs préparations font de ces tournois quelque chose de spécial. L’attente ne fait que décupler le plaisir et la surprise. C’est le calme avant la tempête. Un concept pas toujours facile à comprendre pour beaucoup d’Occidentaux qui ont du mal à apprécier l’importance de ses temps morts. Le plaisir est toujours décuplé quand ce dernier est régulé.

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COMMENT ACHETER LES BILLETS
Vous avez beaucoup d’informations sur ce site : http://sumo.pia.jp/en/
Vous pouvez acheter des tickets en allant sur place le jour-même. Normalement, il n’est possible que d’acheter des tickets pour la journée en cours. Afin d’être sûrs de votre coup, le plus simple est encore d’aller dans un Conbini (Convenience Store) comme il y en a partout au Japon (7eleven, Lawson, Family Mart etc) et de demander de l’aide auprès du staff pour qu’ils vous guident face à la machine automatique de vente des billets. Dites-leur cette phrase qui va à l’essentiel :

« Ozumo no tikétto ga kaitai. Tétsudatté molatté ii desuka ? »
(prononcez-bien toutes les lettres)

Il faudra au préalable avoir décidé quel type de place vous désirez avec l’aide du site partagé plus haut et de le dire au staff.
La machine vous imprime alors un ticket et vous aurez 30 minutes pour aller réglez la somme correspondante à la caisse du conbini pour obtenir les véritables places.
De préférence, je vous conseille de prendre des places autres que dans la face sud. Vous aurez très souvent l’arbitre qui vous cachera la vue devant les lutteurs. Fort heureusement, vous pourrez vous déplacer relativement librement dans la salle pour trouver le meilleur angle photo.

Cette année, vous avez jusqu’au 23 mars 2014 pour en profiter. Alors si vous êtes dans le Kansai encore d’ici-là, ne ratez pas l’occasion. Et profitez-en pour passer une soirée à Dotombori tant que vous y êtes :)

9 Responses to “Assister à un tournoi de Sumo à Osaka”

  • Merci pour ton post:
    Tu sais qu’on adore le sumo.
    On y est allé 2 fois à Nagoya et on y retournera.
    On a nos chouchous : ma femme adore Kotoōshū
    (qui a beaucoup de mal durant ce tournoi ! aie !)
    Le nouveau crack Endo est très prometteur.
    Hakuhou est magistral comme d’habitude

  • C’était ton premier tournoi à Osaka ou ton premier tournoi tout court ?

  • Merci pour cet article, très intéressant !
    Dommage que des scandales aient entaché ce sport… (matches truqués, maîtres violents, etc.)

    Pour ta phrase en japonais, il vaudrait mieux en proposer une correcte et à la forme polie, non ? :)
    « Soumoo no tikétto o kaitai dèss ga… », par exemple. ;)

    • Ho, les sports engrangent de l’argent et qui dit argent dit scandale. Il y en a toujours malheureusement. Personnellement ça ne change rien au plaisir de le voir :)

      Pour la phrase j’ai hésité à en faire une dans les règles mais ça ne sert à rien sinon à compliquer le pauvre français qui va déjà galèrer pour prononcer les quelques mots présentés. Et je sais de quoi je parle ^^
      Ça ne sert à rien de vouloir toujours faire les choses dans les règles avec une assiduité théorique superflue. Ce ne sont pas des étudiants en Japonais que je vise ici et quoi qu’on en dise, les Japonais acceptent sans soucis ce genre de formulation face à des étrangers :)

      • Pour les scandales, tu as entièrement raison. Pour le judo, après les JO, c’était pareil. En tout cas, ton article donne envie ! :)

        S’agissant de la phrase, en revanche, je ne suis pas du tout d’accord avec toi : mais sans rancune ! ^ ^ Autant s’adresser à quelqu’un poliment, si déjà, même si on ne cherche pas à apprendre la langue. Il suffit d’ajouter un ou deux petits mots (qui font une grande différence).
        Bon, en tous les cas, « Ozumosan » ne convient pas ; ta phrase signifie exactement ceci : « J’veux acheter un ticket de Monsieur Zumo. » … ;) De toute manière, pour ceux qui ne parlent pas japonais, mieux vaut parler en anglais tout de suite, en espérant que leur interlocuteur comprenne. Sans quoi celui-ci répondra en japonais…

        • Pour l’anglais, je préfère mieux pas leur proposer. Ils peuvent déjà tenter sans moi. Ils vont dire le mot Sumo et le Japonais en face mettra 5 minutes à comprendre de quoi ils parlent.

          À la limite dire qu’ils veulent acheter des tickets pour le Honbasho serait mieux.

          Mais le but de cette phrase était d’aller à l’essentiel, tel que je le marque dans mon article. Et encore une fois je me base sur mes conclusions du terrain.
          Mais tu as raison dans l’idée que tant qu’à s’adresser à quelqu’un, autant le faire correctement. Sauf que je ne suis pas vraiment fan des pratiques académiques ^^
          Mais je devrais déjà enlever le San de Ozumo c’est vrai !

  • La toute première fois que j’ai assisté un à tournoi de sumo c’était justement à Osaka, quel souvenir! Depuis je me passionne pour ce sport souvent bien incompris.

    Si parmi vous certain sont un peu perdu je leur recommande de consulter ce site sur le sumo où toutes les infos sont disponibles. Ca ma été très précieux dans la compréhension de ce sport!

    http://www.dosukoi.fr

    Encore merci pour cet article et les magnifiques photos

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