Amertume, douceur et apesanteur

On 17 avril 2014 by Angelo Di Genova

On ouvre la porte d’entrée, le corps à moitié dans l’air froid hivernal de l’extérieur. La chaleur d’une atmosphère intérieure nous invite à rapidement refermer la porte derrière soi. Les formules d’accueil habituelles au Japon effectuées, et ma légère inclinaison sont les premiers échanges entre les personnes ici présentes et moi.

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Le bois domine dans cet espace où se mélange la lumière du jour et celle chaleureuse des lampes. Je m’installe à une table, me met à l’aise et ouvre le menu. Je suis ici pour boire du thé vert accompagné d’une douceur japonaise. Le matcha j’en ai si souvent bu, j’adore ça, mais cette fois-ci j’aimerais goûter un sensha un peu particulier escorté d’un daifuku. En attendant, je me déplace pour observer la gallerie de poteries exposées ici par des artistes de la région.

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Le daifuku m’est servi. Un petit corps rond appétissant ! Une peau de pâte de riz recouvrant une chair de purée de haricots rouges, autour d’un coeur de fraise que l’on devine à peine par transparence.

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Un sablier sert à faire le décompte des trois minutes d’attentes nécessaires pour la première infusion. Il y en aura trois en tout, de la plus faible température à la plus haute. Plus l’eau est chaude et plus l’amertume a envie de quitter sa maison de feuilles vertes.

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Du jazz en fond sonore. Un service aux petits soins, tout en douceur. On échange quelques mots avec des inconnus. On se sent chaud de thé, et baigné de calme.

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Le béton, le circulation, la ville d’Osaka, là dehors, on l’a presque oubliée, si ce n’est le charmant accent du Kansai qui flotte jusqu’à mes oreilles pendant que je regarde seul, et immortalise en photo, la décoration alentour.

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Deuxième et troisième infusion. À chaque fois le goût se mue sans répétition. Pour finir, on me prépare une dernière surprise. Le reste des feuilles de thé vert pressées, recouvertes d’un filet de sauce soja et de katsuobushi, des flocons de bonite séchés et fumés. Un délice ! Une touche salée et iodée, pour clôturer cet interstice d’apesanteur au coeur de la journée.

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Voilà une nouvelle adresse que je proposerais désormais bien volontiers aux amateurs de thé lors des safaris photo à Osaka.

5 Responses to “Amertume, douceur et apesanteur”

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