造化に従い造化に帰れ
"Zôka ni shitagai, zôka ni kaere"
"Suis la nature, retourne à la nature"
- Bashô -
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造化に従い造化に帰れ
"Zôka ni shitagai, zôka ni kaere"
"Suis la nature, retourne à la nature"
- Bashô -
Je vais parler du Hanami 2011 dans le Kansai puisque c'est là que je me trouve actuellement. Après les tragiques évènements du 11 mars, cette fête nationale a sûrement un goût particulier dans le coeur des gens.
Mais pour beaucoup de Japonais, ce n'est pas la première, ni la dernière fois qu'ils seront amenés à festoyer dans un contexte de catastrophe récent. Autrement dit, ils continuent leurs habitudes et profitent des joies de la vie. La catastrophe rappelant à ceux qui sont épargnés la chance qu'ils ont, il est même possible que certains en profitent encore plus d'habitude.
Mon constat dans le Kansai est simple : rien, visuellement parlant, ne me rappelle dans quel contexte le Hanami se déroule cette année. Entre les années précédentes et celle-là, aucune différence. Enfin, si, un détail change, spécialement perceptible à Kyoto. Les étrangers sont moins nombreux que d'habitude.
Malgré tous les évènements, la nature continue sa marche. Catastrophe ou pas, il est temps pour les cerisiers de fleurir. Tout le monde accueil l'évènement avec joie car c'est particulièrement symbolique cette année. Ces cerisiers et leurs belles fleurs nacrées de reflets parfois roses, apportent du baume au coeur des Japonais et permettent d'avancer, de reconstruire, de comprendre que la vie est un cycle.
La floraison lance donc la fête que l'on appelle Hanami. Je vous invite à voir l'article que j'ai écrit à ce sujet l'année dernière - cliquez ici
Comme c'est le cas avec la saison Koyo, qui correspond au rougissement des feuilles en automne, un tableau est affiché dans les gares de la compagnie Hankyu annonçant l'avancée de la floraison en fonction des lieux emblématiques où admirer les cerisiers.
Nous sommes donc à l'orée du Hanami. Cette année, il résonnera de manière particulière, mais la floraison sera bel et bien fêtée comme chaque année. J'en parlerai sûrement dans ce blog d'ici quelques jours, lorsque j'aurai pris des photos. En attendant, les étrangers qui ont fui le pays ces dernières semaines doivent être un peu déçus, car ils vont rater une des meilleures périodes de l'année au Japon.
Assis seul en silence
J'aperçois une lueur au fond de mon coeur
Il se passe trop de choses chez les hommes
Comment pourrais-je oublier ce monde intérieur ?
J'ai par hasard obtenu une journée de sérénité
J'ai compris cent ans d'agitation
Où pourrai-je garder cette nostalgie lointaine ?
Sinon dans le ciel vaste où règnent les nuages blancs
- Natsume Sôseki -

Petit à petit la solidarité prend le dessus sur la catastrophe. Cela fait plusieurs jours que la situation stagne au niveau de la centrale nucléaire de Fukushima.
En attendant, ce sont les réfugiés et les sinistrés à qui l'on pense ici. On pense à reconstruire, on pense à aider.
Je vois un Japon solidaire. Au quotidien, j'aperçois énormément de demandes de dons, de petites boîtes de dépôts, de personnes en appelant aux passants, dans les gares, les places, et les galeries marchandes. Les bonzes aussi y vont de leur bénédiction afin de récolter des fonds. Des restaurateurs s'installent près des refuges pour proposer des plats chauds gratuits (curry, ramen, soupe miso). Les célébrités, les sportifs, tous s'impliquent plus ou moins.
Des rencontres sportives de charité sont organisées ainsi que d'autres évènements. La troupe du comique d'Osaka d'Ikeno Medaka s'est installée devant leur théâtre à Namba pour demander des dons.
À l'étranger aussi, le monde se mobilise et c'est beau à voir. Malgré l'image d'un pays développé et riche que peut avoir le Japon, les gens se sentent concernés. La compassion est plus grande tout de même lorsqu'une catastrophe frappe un pays pauvre comme Haïti, mais, tout le monde le sait, la tristesse ne se calcule pas en fonction de la richesse ou de la pauvreté.
Si vous désirez effectuer des dons, voici quelques liens :
Récemment, j'ai vu à la télé un court reportage qui suit deux adolescents japonais qui ont perdu leur mère. Du moins, ils n'ont plus de nouvelles d'elle. On sent que c'est une souffrance énorme pour eux (quoi de plus normal ?), mais ils gardent la tête bien posée sur les épaules avec maturité et calme. Ils sont exemplaires. Cherchant, dans les décombres de leur maison, des objets leur appartenant, ils disent vouloir reconstruire la ville avec tout le monde afin de retrouver le bonheur passé. La plupart des sinistrés ne désirent pas construire de maison dans un autre endroit.
J'ai bon espoir envers le Japon pour reconstruire et effacer les traces de ce désastre. Impossible de savoir combien de temps ça prendra, mais je sais que ce pays en est capable et que le soleil brillera à nouveau de toutes ses forces sur ses terres.
J'ai écrit un article il y a quelque temps sur Matsushima. D'un point de vue touristique, je suis curieux de savoir ce que cette baie est devenue, car elle a été frappée de plein fouet par le tsunami. Mais bon, c'est un détail. Une goûte d'eau dans un océan de destruction.
Accompagnateur de voyage au Japon basé à Osaka
Photographe de voyage
Vidéaste